Vicence et la Vénétie, Palladio en ville et à la campagne
Le bien de Vicence et les villas palladiennes de la Vénétie relie une ville historique à des demeures réparties dans la région. Il s’agit d’un bien culturel sériel de 25 composantes, et non d’une villa ou d’un quartier urbain unique. Fondée au IIe siècle av. J.-C., Vicence prospéra sous la domination vénitienne, puis acquit son identité architecturale grâce à l’étude et à la réinterprétation de l’architecture romaine classique par Andrea Palladio.
En ville, les palais de Palladio s’insèrent dans le tissu médiéval. Leurs façades continues associent formes gothiques de Vénétie et classicisme structuré : Vicence n’est donc pas une cité entièrement rebâtie dans un style postérieur. Ses bâtiments palladiens demeurent liés à un tissu urbain qui remonte à l’Antiquité et annonce le néoclassicisme.
Les villas prolongent ce langage dans les campagnes, où Palladio expérimenta plusieurs variantes du modèle. Maisons-temples, escaliers monumentaux, loggias à colonnes, portiques et parfois tours expriment à la fois la gestion des terres et la représentation aristocratique. Le rapport entre ville et espace rural distingue ce bien d’une entrée consacrée à une seule cité. Inscrit en 1994 puis étendu en 1996, il relève des critères (i) et (ii). Les projets de Palladio ont influencé l’architecture et l’urbanisme en Europe et en Amérique du Nord par le palladianisme. Les villas sont bien conservées, mais l’urbanisation et l’évolution des paysages agricoles ont modifié leurs relations avec l’environnement.
