L’église Sainte-Marie-Madeleine est une ancienne abbaye française établie à Vézelay, en Bourgogne-Franche-Comté, dans le département de l’Yonne.
Situé sur une haute colline, encore appelée la « colline éternelle », ce haut lieu de la chrétienté médiévale est visible de loin. Fondée au 9e siècle comme abbaye bénédictine, l’église devint célèbre au milieu du 11e siècle lorsque se répandit la croyance qu’elle abritait les reliques de sainte Marie-Madeleine. Elle devint un lieu de pèlerinage, d’autant plus fréquenté qu’elle se trouvait sur l’une des routes menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. La ville bénéficia de l’afflux des pèlerins : au 12e siècle, sa population était comprise entre 8,000 et 10,000 habitants, un nombre considérable pour l’époque. Vézelay devint alors un centre d’une grande importance pour l’Occident.
En 1146, saint Bernard y prêcha la Deuxième Croisade devant le roi Louis VII, la reine Aliénor et une foule de nobles, de prélats et d’habitants rassemblés sur la colline.
En 1190, Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste s’y retrouvèrent pour partir à la Troisième Croisade. En 1217, François d’Assise choisit la colline de Vézelay pour fonder le premier établissement franciscain sur le sol français.
L’église Sainte-Marie-Madeleine est également un chef-d’œuvre de l’art roman bourguignon, comme en témoignent son architecture, ses chapiteaux et son portail sculpté.
La nef centrale (1120-1140), légèrement déformée par la poussée vers le bas des voûtes d’arêtes, est rythmée par de grands arcs en fer à cheval aux voussoirs bicolores et par des chapiteaux uniques par leur style et la diversité des sujets représentés : allégories profanes, scènes bibliques et scènes hagiographiques. Mais c’est le portail sculpté entre la nef et le narthex qui a assuré la renommée universelle de Vézelay. Le tympan porte la Mission des Apôtres qui, inspirée par une vision encyclopédique, révèle l’état des connaissances scientifiques à cette époque. Toute la scène s’organise autour du Christ en gloire bénissant les apôtres et leur confiant la mission de convertir les nations. Ce thème est tout à fait exceptionnel dans l’art roman.
Critère (i) : L’église Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay est un chef-d’œuvre de l’art roman bourguignon.
La nef centrale (1120-1140), efficacement rythmée par ses arcs doubleaux bicolores, est ornée d’une série de chapiteaux uniques par leur style et la variété de leurs sujets. Son portail sculpté, placé entre la nef et le narthex, notamment avec le tympan de la « Mission des Apôtres », en fait l’un des monuments majeurs de l’art roman occidental.
Critère (vi) : Au 12e siècle, la colline de Vézelay était un lieu privilégié où la spiritualité chrétienne médiévale, parvenue à une forme de paroxysme, donna naissance à des expressions diverses et spécifiques, de la prière et de la chanson de geste aux Croisades.
Vézelay, la colline éternelle, a conservé intactes les qualités paysagères du site où son abbaye fut fondée au haut Moyen Âge.
L’église abbatiale domine l’ensemble ; son existence et son activité ont donné naissance à la ville, qui s’achève au pied du versant. Au-delà s’étendent des champs, des prairies et des forêts.
La Révolution et ses conséquences entraînèrent la disparition de la majeure partie de l’abbaye, à l’exception de l’église abbatiale.
Alors proche de la ruine, celle-ci fut le premier chantier de restauration dirigé par Eugène Viollet-le-Duc, l’un des pères de la restauration monumentale, qui parvint à sauver l’édifice (1839-1848) en reconstruisant une partie de ses voûtes.
Exigences de protection et de gestion
Inscrite en 1840 sur la première Liste des monuments historiques de France, l’église de Vézelay est l’un des premiers édifices médiévaux dont la conservation fut entreprise de manière proactive, en raison de ses seuls mérites historiques et artistiques.
Depuis lors, tout un ensemble de mesures de protection, adoptées en application du Code du patrimoine (monuments historiques, site patrimonial remarquable) ou du Code de l’environnement (site classé), a été progressivement mis en place. Ces mesures s’appliquent à l’église, au village, à la colline et au paysage environnant.